La Charente. Ce n'est certes pas l'un des plus importants fleuves de France, du moins par la longueur de son cours, mais à coup sûr, l'un des plus attachants. Avec ses 350 km de sa source jusqu'à son embouchure, elle réussit à intéresser quatre départements. Prenant sa source en Haute-Vienne, elle traverse une première fois le département de la Charente dans sa partie Limousine, aux « coudes à coudes » avec la Vienne. C'est pour rejoindre Civray, dans le département de la Vienne où une boucle la ramène vers Angoulême, le Cognaçais et la Saintonge, gagnant peu à peu en sagesse de débit et en largeur de cours. Avant qu'elle n'achève son voyage vers l'océan à Rochefort, en Charente-Maritime, elle subit déjà son influence dès après l'écluse de St-Savinien. Tout au long de son parcours, la Charente traverse des paysages verdoyants où l'activité agricole est omniprésente ; ce qui ne va pas sans entraîner des risques de pollutions par les engrais et les pesticides ainsi que d'importants problèmes de prélèvements d'eau du fait de l'arrosage de cultures exigeantes en eau comme le maïs. Et ce ne sont pas les « bassines », ces retenues prévues pour limiter les conséquences des arrosages en cas de sécheresse prolongée qui suffiront à garantir le fleuve contre les effets pervers de l'activité humaine. Car bien d'autres facteurs de risques entrent en jeu qui peuvent causer d'importants dégâts à la vie naturelle du fleuve. Ainsi en est-il des stations d'épuration mal protégées, des effluents industriels, des assainissements particuliers mal conçus, des élevages dont les rejets sont insuffisamment contrôlés, etc. Toutes ces perturbations entraînent des disparitions d'espèces végétales et animales et la prolifération d'algues eutrophisantes dans les eaux dont le débit est insuffisant pour assurer une bonne aération. Les solutions existent qui permettent de limiter, voire d'éviter ces dangers. Des organismes ont été mis en place afin de les mettre en oeuvre ; des associations se sont créées qui veillent et réagissent en cas d'alerte. « Le Fil Charentais » se propose d'être le magazine de la qualité de vie dans le bassin de la Charente et de ses affluents. Une vie approchée à travers tous ses aspects : sociaux, économiques, culturels, écologiques… « Le Fil Charentais » se veut donc le lien unissant les divers acteurs qui font la qualité de la vie aux abords du fleuve. Mais aussi la qualité de la vie du fleuve lui-même. Dans ce premier numéro, le problème des crues est abordé dans ses généralités. Il est évident que nous serons amenés à rencontrer les associations de riverains, les hydrologues, afin de mieux cerner tous les aspects d'un problème éminement complexe à gérer. Vos remarques, seront les bienvenues car, tous les deux mois, nous nous efforcerons, avec votre soutien et vos apports, de vous informer sur ce qui nous fait apprécier de vivre avec la Charente.
Patrice Fougeray
 Le bassin versant de la Charente en chiffres |  Superficie 10.549 km ; Population 585.400 habitants Densité 55,5 hab/km (40 à 100 hab/km) Population saisonnière 117.445 personnes Activité agricole
- SAU 626.470 ha - Nombre d'exploitations 14.232 -
Surface irriguée 81.500 ha (RGA 2000) Industrie - Etablissements industriels : 500 Volume annuel prélevé en eau (204,4 millions de m3)
- eau potable 34 % - industrie 9 % - irrigation 57 %
Origine de la ressource :
- nappes d'accompagnement : 43 %
- eaux de surface : 40 % - eaux souterraines : 12 %
Volume de stockage (en millions de m3)
- capacité utile 29 millions de m3
Source : EPTB-Charente |
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