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Confolens  Télédiagnostic entre Confolens et Poitiers De plus en plus, la notion de « service public » cède la place à celle de « service au public », ce qui n'est plus du tout la même chose. Lorsque La Poste ferme ses bureaux ruraux en les transformant en « agences postales » tenues par des personnes certes accueillantes et aimables, mais ne pouvant apporter les mêmes services qu'un vrai bureau, c'est au nom de la rentabilité. Lorsque la SNCF transfère ses lignes régionales sur le dos des Régions, c'est au nom de la rentabilité. Et s'il ne s'agissait que d'être rentable, le mal serait moindre puisque l'on conçoit bien qu'il soit nécessaire pour une entreprise publique ou privée d'équilibrer ses comptes. Mais là où le bât blesse, c'est lorsque l'entreprise, dite de service au public, cherche à réaliser des profits financiers pour rémunérer grassement ses actionnaires et non pour améliorer le service offert. Il est logique qu'un actionnaire perçoive un retour sur investissement, pour autant est-il raisonnable d'exiger des taux supérieurs à 12 — 15 %, alors que le « Livret A » n'est rémunéré qu'à 0.5 % ?
Et l'on constate que la politique de santé s'appuie sur la même logique. Le fameux « trou de la Sécu » dont on nous rebat les oreilles correspond à moins d'une semaine de fonctionnement (3 ou 4 jours) dans l'année. S'agissant d'un service aussi important que la santé publique, n'est-il pas possible que l'État, si prompt à accorder des milliards aux banques et aux grandes entreprises, éponge ce déficit ? Voilà une contribution qui ne rencontrerait sans doute guère d'opposants. Car en fait des citoyens qui ne peuvent se soigner régulièrement finissent par devoir être pris en charge plus lourdement par la collectivité, où est le gain d'argent dans ce cas ?
La fermeture des services d'urgence et de maternité dans les hôpitaux locaux (de proximité en politiquement correct) répond à des motifs économiques immédiats, mais oublie que, sur le long terme, ils reviennent finalement moins cher qu'un transfert en ambulance sur de longues distances, ou en hélicoptère.
Et les différents « classements » publiés par la presse n'ont pas d'autres buts que de jeter le discrédit sur des services que l'on souhaite à terme voir disparaître. Comment peut-on comparer un grand centre hospitalier avec un hôpital local ? Comment peut-on faire des comparatifs entre des services dont les besoins et les activités diffèrent ? Une récente « étude » mettait en cause le taux de maladies nosocomiales de l'hôpital de Confolens dont le service de chirurgie est fermé. Il faut croire que l'enquêteur n'a pas cru bon de réactualiser son rapport en fonction des réalités. C'est d'ailleurs ce qui fait que ces « enquêtes » sont sujettes à caution. Elles ne prennent en compte que des données partielles, sur de courtes périodes et publiées plusieurs mois après, sans réactualisation. Un service peut avoir connu un problème spécifique et ponctuel qui aura été rapidement corrigé et se voir pénalisé par la publication d'une « étude » alors que le problème n'existe plus depuis longtemps.
Et quant au taux de mortalité, il faut savoir que les établissements privés transfèrent sur le public ou renvoient chez eux des malades en phase terminale qui ainsi ne plombent pas leurs propres statistiques.
Il est donc prudent de relativiser la réalité de ces fameux « classements » qui, en dehors d'un coup médiatique, n'ont guère de valeur d'exemple. L'autre cause de remise en question du service public de santé est le « rapprochement » entre cliniques privées et hôpital public. Dans la très grande majorité des cas, ce sont les cliniques privées qui bénéficient des actes « rentables » ; ces opérations chirurgicales intégralement remboursées, ne nécessitant pas d'hospitalisation de longue durée. L'hôpital public se voyant uniquement confier les pathologies lourdes, les hospitalisations de longue durée, les malades en fin de vie. Et lorsque la clinique à la charge d'assurer les urgences, service public, un petit tour de passe-passe lui permet de réadmettre certains patients en hospitalisation privée sans qu'ils passent par la case hôpital public, comme elle devrait normalement le faire.
Alors que la Charente connaît la fermeture du service de chirurgie d'urgence de l'hôpital de Ruffec et des restrictions de fonctionnement de l'hôpital de Cognac, suite à son rapprochement avec la clinique « Arc-en-ciel » (vendue au groupe « Kapa santé » en 2008), la Région vient d'investir dans la mise en place d'un service de télédiagnostic entre l'hôpital de Confolens et le Centre hospitalier universitaire de Poitiers.
« Les petits hôpitaux ont beaucoup de mal à recruter des radiologues, explique Mme Robic, directrice du CH de Confolens. Nous en avons engagé un, M. Bratu, mais il ne peut être présent 24 h sur 24 et prend parfois des congés. Il fallait donc pallier ces moments d'absences et sans second radiologue, nous ne pouvions plus assurer correctement les urgences. »
La solution a donc été trouvée auprès du CHU de Poitiers avec la mise en place de télédiagnostic.
Le service de radiologie de Confolens, via une connexion sécurisée Internet entre en contact avec la radiologie de Poitiers où, en permanence, des spécialistes peuvent répondre à tout appel.
Le manipulateur radio de Confolens réalise en direct la radio du malade qu'il transmet en temps réel à Poitiers. Instantanément, le service poitevin analyse les radios, peut demander d'autres clichés et toujours en temps réel, affine son diagnostic.
« On sait alors si le cas en question peut être traité à Confolens ou doit être hospitalisé à Poitiers. »
La mise en place de ce service revient à 89.000 euros, pris en charge par la Région. L'Agence Régionale de l'Hospitalisation finançant certains investissements techniques.
Ce sont en tout sept établissements qui seront dotés d'un service identique. Outre Confolens, Poitiers prendra en charge Montmorillon.
L'Hôpital de Girac à Angoulême se chargera de Ruffec et Barbezieux. La Rochelle aura des liens avec St-Jean- d'Angély, Jonzac et Rochefort.
Au total, ce sont plus de deux millions d'euros qui seront investis dans ces services de télémédecine.
P.F.
Article paru en mars 2009 |
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