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Thermes de Cassinomagus

Il en a toujours été ainsi des effets de modes, c'est qu'ils finissent d'abord par disparaître, puis par revenir. Est-ce ainsi qu'il faut expliquer la disparition, puis la redécouverte des thermes de Chassenon ? Ce n'est sans doute pas suffisant. Mais l'imagination aidant, et puisque tout semble être encore en état relatif de fonctionnement, peut-être verra-t-on quelque jour, les curistes revenir profiter des bienfaits des eaux issues des sources avoisinantes.









article paru en juin 2009

Chassenon, aux sources du thermalisme

Cliquez pour agrandir l'imageLes Romains ont été un peuple de bâtisseurs et de découvreurs. Peuple de conquérants, ils ne se contentaient pas de réduire les populations conquises en esclavage ou d'en exploiter les richesses ; ils savaient également les intégrer à leur mode de vie, tout en respectant le plus souvent les leurs. C'est ainsi que l'on peut parler de civilisation gallo-romaine puisque les échanges mutuels entre les deux entités gauloises et romaines ont été si intenses que l'on peut presque parler d'osmose. Les Gaulois n'étaient pas un peuple inculte et barbare bien qu'il ne pratiquât pas l'écriture. La tradition orale savait transmettre ses connaissances et les faire progresser. Si bien que l'assimilation a été réciproque et que nos mémoires conservent encore par-delà les siècles bien des us de nos ancêtres celtes. Le brassage des peuples, loin de faire perdre leur identité à chacun, comme voudraient le faire croire certaines factions d'aujourd'hui, n'a fait que les enrichir et les faire progresser.
Si Jules César, comme nombre de ses suivants, à su profiter des divisions entre tribus gauloises pour prendre Alésia et asseoir l'hégémonie Romaine sur la Gaule, il n'en a pas moins été battu à plusieurs reprises et la plus mémorable de ces défaites fut subie à Gergovie face à Vercingétorix.
La force de la civilisation romaine a donc été de savoir prendre chez les peuples vaincus les apports culturels lui permettant d'enrichir sa propre culture et de ne rien imposer de ses traditions. Les Gaulois continuaient d'honorer leurs Dieux et les Romains les leurs. La décadence de l'Empire Romain n'intervenant qu'à partir du moment où une secte monothéiste se mêla d'imposer sa croyance à tous les peuples.
Et il est intéressant de constater que c'est alors que cette secte commença de s'ériger en Église religieuse que s'étendit l'obscurantisme Moyen-Âgeux.
Heureusement, de superbes vestiges de la civilisation romaine ont été préservés par le temps et l'on en redécouvre de grands témoignages.


Une lente redécouverte

Thermes de Chassenon (16)
À Chassenon, l'on avait pour habitude de se servir en pierres pour bâtir ses maisons dans un tas de vieux éboulis et d'aller s'amuser dans de vieilles galeries dont on ne connaissait pas trop l'usage.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, des archéologues ont travaillé quelque peu sur le site et c'est l'important théâtre qui servit par la suite principalement de carrière pour les maisons en construction.
En 1957 un passionné d'archéologie, J.H. Moreau créa l'association « Les amis de Chassenon » qui se donna pour but de mettre en valeur la richesse archéologique du site. Et de fouille en fouille l'on s'aperçut qu'il s'agissait de thermes romains. Conservés dans un état idéal, ces thermes ont révélé au fil des ans, toute leur importance et l'ingéniosité des concepteurs.

Alors que notre époque redécouvre avec scepticisme les vertus des énergies naturelles, on s'aperçoit que les Romains pratiquaient le chauffage par le sol en disposant de tout un réseau de canalisations et de bouches, apportant leur chaleur aux piscines chaudes et saunas de l'époque. Construits sur vide sanitaire, alimenté par des canaux et aqueducs apportant l'eau nécessaire (700 M3 trois fois par jour) depuis plusieurs sources, parfois très lointaines, des environs, les thermes de Chassenon constituent en fait un ensemble véritablement monumental d'une superficie de 25 ha, comprenant temple et théâtre.

Cassinomagus (de son nom romain) se trouvait sur la voie reliant Lyon à Saintes (voie Agrippa) et constituait une étape importante pour les voyageurs. Si importante que l'agglomération compta jusqu'à 10.000 personnes. La taille des thermes, la présence d'un temple, celle d'un théâtre le confirment.

Du Ier au Ve siècle de notre ère, Cassinomagus connût une réelle prospérité grâce à son ensemble thermal. Composés de trois grandes salles de chauffe, de piscines couvertes, de bassin d'eau froide telles que l'on peut en voir actuellement dans les hammams et les saunas, les thermes de Cassinomagus pouvaient accueillir plusieurs centaines de curistes à la fois. Et l'on parle bien de curistes puisque l'on y venait non seulement pour se détendre, mais également pour s'y soigner. Car, comme toutes les sources naturelles, celles alimentant les thermes possédaient des vertus bienfaisantes du fait même de la nature des sols traversés, pour une grande partie d'origine volcanique… ou issus de l'impact phénoménal d'une météorite ayant percuté la Terre dans la région de Rochechouart voici plus de 200 millions d'années. On retrouve d'ailleurs des pierres tirées de roches caractéristiques de cette collision dans la construction des thermes.

Vers un ensemble archéologique cohérent

Cliquez pour agrandir l'imageLes fouilles en cours depuis plus de 50 ans grâce à M. Moreau et ses successeurs (l'association est actuellement présidée par J.-M. Teillon, autre passionné d'histoire) ont déjà permis de mettre au jour l'ensemble des thermes et de les restituer, sinon dans leur état originel, du moins dans une structure permettant d'en comprendre l'entière conception et les modes de fonctionnement. Année après année elles se poursuivent et ce qu'elles révèlent fait de Cassinomagus un ensemble d'une envergure peu courante.
Face à la dimension prise par le chantier de fouilles, l'association s'est tournée vers des partenariats publics pour l'aider à supporter les frais du chantier et pouvoir en poursuivre l'étude. C'est donc le Conseil Général de la Charente qui préside désormais aux destinées de Cassinomagus.
La gestion administrative est assurée depuis deux ans par J.F. Feunteun, soutenu dans son action par des archéologues spécialisés, placés sous la responsabilité de David Hourcade.
« Nous travaillons au développement du site en aménageant des salles d'expositions grand public, des salles de travail pour les archéologues et un grand jardin que nous cultivons comme à l'époque romaine en y aménageant des espaces avec les espèces cultivées par les jardiniers romains. »
C'est qu'en effet une partie du site est livrée aux constructeurs et aux aménageurs dans l'intérêt de sa préservation. Des parcours sont tracés qui permettent de se rendre aux abords du temple, avec des espaces thématiques. Une aire de pique-nique ombragée permet d'avoir une vue d'ensemble des thermes et un nouvel accès avec parking rendra l'arrivée du visiteur encore plus simple.
« Nous devons penser tout autant à la sécurité de nos visiteurs qu'à celle du site lui-même, qui ne doit pas souffrir de sa fréquentation. Tout en préparant de nouvelles campagnes de fouilles, car il reste beaucoup à découvrir. »
Avec un budget de 400 000 euros à l'année Cassinomagus se doit de trouver des compléments financiers pour assurer sa survie. C'est aussi le rôle de l'association « Les Amis de Chassenon ». C'est elle qui emploie les personnes chargées de l'accueil et des visites et aide à l'organisation des différentes animations de l'été. C'est ainsi que l'on peut assister aux beaux jours, à des démonstrations de lutte gréco-romaine, des concerts de musique et à des retrouvailles avec le peuple gaulois.
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Les apports des Gaulois 


Esse, village situé à quelques kilomètres de Confolens, recrée un véritable village gaulois où les habitants, pendant les mois d'été au cours de soirés et journées à thème, reconstituent toute l'ambiance de l'époque. « Rien à voir avec Astérix, ici tout est réellement historique. » explique Patrick Boos, le chef de village. Il est dès lors parfaitement naturel que le peuple gaulois investisse Chassenon pour des présentations et démonstrations d'utilisations d'ustensiles et outils et de maniement d'armes, au cours d'échanges avec un public toujours très intéressé.
Cassinomagus se veut un parc où l'ensemble historico-culturel d'une époque est présent dans son ensemble. Coller au plus près de la vérité historique, telle est la philosophie de tous ses acteurs et animateurs, c'est sans aucun doute ce qui explique sa fréquentation en constante progression.

P. Fougeray.
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Salle d'expositions

Jardin Romain

Objets gaulois

Pour préparer votre visite

Tel.: 05 45 89 92 21
www.cassinomagus.fr
www.lacharente.com

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